La mort a encore frappé dans le milieu du cinéma ivoirien. Le cinéaste et réalisateur ivoirien, Roger Gnoan M’BALA a tiré sa révérence à 82 ans ce lundi 10 juillet 2023 au centre hospitalier universitaire de Treichville (CHU).
Loin des caméras depuis quelques années déjà, pour des raisons de santé fragile, le célèbre cinéaste et réalisateur né en 1941 dans la ville de Grand -Bassam n’a pas pu résister plus longtemps sous le poids de l’âge à cette maladie qui l’a finalement emporté. L’illustre défunt a travaillé comme assistant-réalisateur, puis réalisateur à la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) où il signe plusieurs émissions de variétés ou sportives. A l’instar du prix de la jeunesse au « Festival de Locarno » en Suisse, du Grand Prix du court Métrage à Dinard pour le film « Amanié », Roger Gnoan M’BALA, est devenu célèbre par le film « Au nom du Christ », Grand prix « Etalon du Yennega » au FESPACO en 1993. Pour rappel ou pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de voir le film, « Au nom du Christ » est une œuvre de ce cinéaste ivoirien, Roger Gnoan M’BALA, produite en 1993 dont l’acteur principal est Pierre GONDO. L’histoire se déroule à Bali-Ahuekro petit village de l’Afrique de l’Ouest, où une femme, sous l’emprise d’un sorcier, sombre dans la folie. Peu après, un simple porcher nommée Gnamien Ato, qui ne cesse d’être méprisé par sa communauté, manque de se noyer dans le fleuve, un jour où il a trop bu. Sorti de l’eau comme possédé, il a alors la vision d’un « enfant-dieu » qui l’aurait choisi entre tous « pour sauver son peuple ».
Il se présente dès lors aux siens comme étant « Magloire 1er, cousin du Christ ». Devant les siens éberlués, l’« élu» semble rendre raison à la pauvre folle (qu’il prend aussitôt pour femme). Le nouveau prophète gagne aussitôt des disciples à sa cause. Un peu fou, un peu voleur, charlatan pour les uns, prodige pour les autres, il règne en maître absolu et pousse ses convictions à l’extrême, allant jusqu’à se faire crucifier comme le Christ.
« Au nom du Christ », sorti il y a déja 30 ans , évoque avec humour la prolifération des sectes et les aberrations qu’elles peuvent véhiculer dans une Afrique ballottée entre tradition, religion, modernité et pouvoir … A découvrir pour les jeunes cinéphiles.