Le pape François vient de nommer un prêtre italien, Pierbattista Pizzaballa, pour devenir le nouveau patriarche latin de Jérusalem, depuis le samedi 24 octobre 2020, veille de la fête de Notre Dame de Palestine.
« Sa Sainteté le Pape François a annoncé la nomination de l’Archevêque Pierbattista Pizzaballa comme Patriarche latin de Jérusalem après quatre années de service en tant qu’administrateur apostolique », affirme le communiqué du patriarcat latin. Monseigneur Pizzabella remplit déjà cette fonction par intérim depuis la démission en 2016 du patriarche Fouad Twal, un Jordanien, atteint par la limite d’âge et il était auparavant le Custode de Terre sainte, c’est-à-dire le gardien des lieux saints au nom de l’Eglise catholique conformément à une tradition qui remonte à 1219. Parlant parfaitement hébreu, père Pizzaballa était chargé de la pastorale des catholiques de langue hébraïque en Israël et membre de la Commission pour les relations avec le judaïsme du Conseil pontifical.
Son profil tranche avec les deux précédents patriarches latins de Jérusalem, Mgr Twal et le Palestinien Michel Sabbah, tous deux arabophones comme la très grande majorité des chrétiens de Terre sainte. Après donc deux patriarches arabes, la charge du diocèse retourne à un Italien.
Dans une intervention dense intitulée « Jérusalem, lieu de l’âme. C’est une mère qui éduque et nous fait grandir » - récemment publié, dans le volume édité par Don Giovanni Emidio Palaia Le village de l’éducation.Une rencontre entre les fils d’Abraham sur l’homme, la créature de Dieu (éd. Cittadella, 2020) – Mgr. Pizzaballa écrit: « Il ne suffit pas de préserver le caractère historique de la ville à travers ses pierres, mais il est également nécessaire de préserver l’imbrication unique des relations de croyances, de peuples et de cultures, sans exclusivité. La nature de Jérusalem est d’inclure et non d’exclure. C’est aussi sa vocation prophétique, son appel universel. En tant que microcosme de notre monde globalisé, cette ville, si elle veut vivre sa vocation universelle, doit être un lieu qui enseigne l’universalité, le respect d’autrui, le dialogue et la compréhension mutuelle, un lieu où les préjugés et l’ignorance et la peur qui les nourrit sont vaincus par l’honnêteté, l’intégrité et la recherche de la paix ».
Quels axes pour le mandat du nouveau patriarche latin ?
Le nouveau patriarche des catholiques latins du diocèse de Terre Sainte met son mandat sous le signe de la prière : « La prière est la condition préalable », C’est ainsi qu’il entrevoit sa mission. A partir de ce préalable, Mgr Pizzaballa, interrogé le 30 octobre par la radio du Vatican, répond vouloir articuler son mandat autour de deux défis principaux déclinés sur le plan spirituel et sur le plan social.
Pour premier axe, le nouveau patriarche s’emploiera à « devenir un élément d’unité ». Et ce, dans un contexte « de grande fragmentation sociale, politique et économique, qui affecte nécessairement aussi le religieux », explique-t-il. Sa priorité sera donc – mais il n’entend pas le faire seul – de « rassembler le troupeau, la communauté », avec l’aide des prêtres, des religieux et religieuses, des séminaristes et des diacres. Un défi pour le diocèse « pluriforme » et majoritairement arabophone dont il est à la tête et qui a juridiction sur quatre pays. De plus, ce diocèse se divise en six vicariats : à Jérusalem et en Palestine, en Jordanie, en Israël et à Chypre pour les quatre premiers. Il existe en sus un vicariat pour les catholiques hébréophones et un vicariat pour les Migrants et les Demandeurs d’Asile en Israël.
Le deuxième axe de sa mission s’inscrit sous un angle social. D’abord autour des « vieux problèmes » tels le conflit israélo-palestinien, l’économie en difficulté, et un Etat-Providence très fragile en particulier dans certaines parties des Territoires palestiniens. Ensuite autour des « nouveaux problèmes » liés à la pandémie de coronavirus, et le blocage de toute l’économie touristique et des pèlerinages qui en découle. Ce qui a créé, déclare le patriarche, « sur une situation déjà fragile, une situation à la limite, je ne dis pas du désespoir, mais, à la limite d’une situation très grave, je n’oserais pas dire irréversible ». A l’aune de cette situation, le patriarche estime que son devoir est de guider ses fidèles « à vivre dans une situation donnée, avec une attitude de vie, de résilience, comme on dit aujourd’hui, et non de défaite ou de frustration ».
La rédaction
Source : AFP, Terresainte.net