Les quatre évangélistes racontent un peu plus de trente miracles différents de Jésus...
Les quatre évangélistes racontent un peu plus de trente miracles différents. Non pas pour épater leurs lecteurs, mais pour faire comprendre ce que Jésus vient annoncer et réaliser : la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu qui vient.
La Bonne Nouvelle en actes
Dans un monde où la maladie, la mort, les catastrophes naturelles sont perçues comme des manifestations du pouvoir du mal, l'irruption du Règne de Dieu requiert une démonstration de sa puissance de vie. Et cela, aussi bien dans le domaine des éléments naturels que dans celui de l'existence humaine.
Le miracle opère toujours un passage du mal au bien. Il a pour visée la restauration d'une vie qui manque ou qui a disparu. Car la vie est don de Dieu et signe de Dieu. Les miracles sont l'arme principale de Jésus dans sa lutte avec le mal personnifié, Satan. En ce sens le miracle est toujours un « acte de puissance » (dynamis en grec) : cette expression étant la plus courante dans les évangiles synoptiques pour désigner le miracle.
Une grande diversité de miracles
• Les miracles de guérison
Les guérisons, y compris les « réanimations » : les retours à la vie mortelle (plutôt que les « résurrections », terme qui prêterait à confusion), sont généralement développés en trois étapes :
– la supplication de la personne malade, qui a la certitude que Jésus peut la guérir;
– le geste de Jésus (toucher, imposition des mains, etc.) accompagné d'une parole;
– la reconnaissance de la réalité de la guérison et la reconnaissance de l'intervention divine, souvent proclamée par la foule.
• Les exorcismes
Jésus expulse des démons; c'est l'un des signes les plus clairs de la venue du Règne de Dieu, de sa victoire sur les puissances du mal. Parfois l'exorcisme s'accompagne d'une guérison. Notons enfin que, dans ce genre de miracle, c'est toujours Jésus qui prend l'initiative; le possédé ne demande rien, puisqu'il est « aliéné ».
• Miracles sur la nature
Ils concernent pratiquement tous la vie menacée, aussi bien des « sauvetages » (tempête apaisée) que le don de « denrées vitales » (les pains au désert; la pêche miraculeuse; etc.). Ces miracles sont impressionnants, parce qu'ils touchent à la « nature », domaine réservé à Dieu et, dans le cas de la mer, siège de forces obscures que l'homme ne peut contrôler. Souvent Jésus prend l'initiative. La discrétion qui suit ces miracles fait contraste avec le caractère extraordinaire de l'événement.
• Les sommaires
Il faut ajouter à ces trois sortes de textes des résumés, des condensés de récits de miracle; par exemple: « il guérit de nombreux malades souffrant de maux de toutes sortes, et il chassa de nombreux démons » (Mc 1,32-34; voir aussi 3,10-12; 6,54-56). Ces sommaires sont une catéchèse directe, une manière d'étayer la Bonne Nouvelle, qui est à la fois paroles et actions pour changer la vie des hommes.
Des récits pour dire le Christ
• Matthieu
Après le Discours sur la montagne (chapitres 5-7), Matthieu relate une série de dix épisodes miraculeux (8-9), qui ont pour but de montrer la venue du Règne de Dieu, par l'action de Jésus. Il veut présenter Jésus comme le Messie, le Fils de Dieu, celui qui accomplit les Écritures. À côté des discours, les récits de miracles sont une part importante de sa catéchèse : ils mettent en avant le rôle de la foi en Jésus, qui est plus qu'un simple guérisseur. Matthieu veut provoquer chez ses lecteurs l'engagement à la suite du Christ : ce que Jésus a fait autrefois, il continue de le faire dans son Église, aujourd'hui.
• Marc
Les récits de miracles se trouvent surtout dans la première partie de son évangile, pendant la prédication de Jésus en Galilée. Ils aboutissent à la profession de foi de Pierre : « Tu es le Messie, le Christ » (8,29). Les miracles sont des actes de puissance et des prodiges qui révèlent la divinité de Jésus. Cependant ils sont entourés de secret parce que l'identité véritable de Jésus ne sera révélée que sur la croix et par l'annonce de la résurrection. Les miracles n'en sont que des préfigurations, des signes.
• Luc
Les miracles sont très liés à l'enseignement de Jésus. Ils illustrent l'autorité de sa parole et sa puissance de vie. Ce sont des actes de Jésus Sauveur, des signes du salut de Dieu qui se réalise par lui. Souvent c'est d'ailleurs à Dieu que vont les louanges des témoins et de la foule. Les miracles sont des annonces, des promesses du salut définitif à venir, de lointaines approches de ce que sera la richesse du salut de Dieu.
• Jean
Jean n'a retenu que sept miracles de Jésus, dans la première partie de l'évangile, appelée « livret des signes », car Jean ne parle pas de « miracles », mais de « signes » et d’ « œuvres ». Ces « signes » manifestent peu à peu la gloire de Jésus. L'abondance du vin à Cana révèle déjà la gloire de Jésus à ses disciples (2,11). La résurrection de Lazare montre que Jésus est la résurrection et la vie (11,25-26). L'aveugle-né qui devient voyant découvre que Jésus est la lumière du monde (9,5), etc. Mais la gloire du Fils de Dieu ne se manifestera totalement qu'à l’« Heure » de sa mort et de son passage vers le Père.
Le Service Biblique Catholique Evangile et Vie (SBEV). Maurice Autané