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A l’état civil DIA Yao Guy Roger, connu sous le nom de GUY ROGER dans l’univers des chantres chrétiens catholiques, est originaire de Bouaké. Baptisé en 1990, il se sent appelé par le Seigneur et devient chantre de l’Eternel. Découvrons dans cet entretien le parcours de GUY ROGER, ce chantre qui a décidé de laisser sa « promotion entre les mains de Dieu »
Vous faites partie des premiers noms de l’univers de la musique chrétienne en Côte d’Ivoire pourtant vous êtes moins médiatisé que d’autres chantres qui sont arrivés sur la scène, il n’y a vraiment pas longtemps. Comment expliquez-vous cela ?
Il faut dire que Guy Roger tourne beaucoup, seulement que, comme vous l’avez si bien dit, ce n’est pas médiatisé mais je pense que pour l’œuvre de Dieu, on n’a pas forcément besoin de se vendre car c’est seulement Dieu qui fait notre promotion. Il y a des gens qui ont sorti des albums et ont fait un tapage médiatique mais qui ont malheureusement disparu de la scène. Moi j’ai décidé de laisser ma promotion entre les mains de Dieu
Avant la pandémie du covid 19, mon dernier concert, c’était au canada et lorsque je suis revenu en Côte d’Ivoire, j’ai fait des tournées au Burkina Faso, au Togo et aussi Mali.
Bien sûr, il y a même des ivoiriens qui ont créé une association là-bas et qui m’ont invité pour un concert à l’occasion de la sortie officielle de cette association. C’est Guy Roger qu’ils ont choisi pour l’évènement, sachez qu’il y avait même des maliens à ce concert.
C’est pourquoi je dis que c’est Dieu qui fait ma promotion
Comment êtes-vous arrivé à chanter Dieu ? Par effet de mode ou par vocation et cela dure depuis combien d’année ?
C’est Dieu qui m’a appelé à sa mission. En toute sincérité, je ne savais pas qu’un jour j’allais entrer en studio et sortir un album. D’abord, j’étais dans une chorale nommée Sainte Thérèse de la cathédrale à Bouaké où j’étais simplement choriste comme tous les autres.
Un jour, j’ai été impressionné par la prestation d’une jeune dame lors d’un concours de chants entre des chorales venues d’un peu partout, du Mali, du Togo, du Burkina et autres. Ce jour-là elle a touché mon âme. (J’en parle comme si c’était hier) et j’ai demandé à mon Dieu de me permettre de chanter comme cette dame. Avec Dieu lorsque tu demandes sincèrement, il te l’accorde.
C’est ainsi qu’après le décès de mon père en 1998, je suis venu à Abidjan et j’ai intégré la chorale saint Pierre de Niangon à Yopougon. Etant dans cette chorale, après chaque prestation des paroissiens m’approchaient pour me demander de poser ma voix sur un support et moi je leur disais que je ne voulais pas commercialiser le don que Dieu m’a donné mais néanmoins lorsque le moment serait venu, je le ferai sans doute. Et c’est en 2003 qu’en songe j’ai eu l’impression que Dieu m’avait écrit tous les chants que je devais mettre sur un support afin d’entrer en studio. Voilà comment je suis entré en studio pour la première fois pour sortir mon tout premier album en 2003 intitulé « je rends grâce au seigneur » qui a pour titre phare "yé mi" que vous connaissez bien.
Actuellement, je prépare mes 18 ans de carrière et dans 2 ans je fêterai mes 20 ans de carrière si Dieu me le permet.
Comment définissez-vous votre approche de la musique chrétienne ; êtes-vous adorateur, chantre ou chanteur chrétien ?
Tout d’abord pour être adorateur il faut être un chrétien donc je peux dire les deux parce qu’il faut être chrétien pour adorer Dieu (c’est vrai que ce n’est pas forcément le chrétien, le musulman peut adorer Dieu) mais moi je dis je suis d’abord chrétien et j’adore mon Dieu car d’une manière ou d’une autre un chantre doit adorer Dieu. Ce que tu véhicules dans ton message doit amener les gens à adorer Dieu donc oui je suis un adorateur.
Combien d’album avez-vous à votre actif… et quel bilan pouvez-vous faire de votre carrière en tant que chantre?
Aujourd’hui je suis à mon 5ème album et un maxi single. Je dirai que mon parcours est très positif, je n’ai pas encore fini d’ailleurs. Tant que j’ai le souffle de vie, en bonne santé, et que je vois mes frères et sœurs heureux autour de moi, je continuerai toujours de faire la volonté et l’œuvre de Dieu. D’ailleurs, je prépare un grand concert dont j’aimerais taire la date mais ça viendra.
C’est le tout 1er album intitulé « je rends grâce au seigneur » qui a pour titre phare "yé mi » car tout le monde l’a apprécié des musulmans, des évangélistes et même des païens qui ne connaissaient pas Dieu ont aimaient beaucoup ce cantique.
Si possible j’aimerais rendre un petit témoignage à ce sujet : « un jour j’avais un concert à Abobo sur une paroisse et un musulman qui a entendu les spots, s’est rendu à ce concert. Lorsque j’ai commencé à chanter « yé mi", le monsieur est tombé en transe. Je pensais qu’il avait une maladie alors que c’était le chant qui le mettait dans cet état. Juste après ma prestation, il m’a approché pour me dire que mon chant l’avait touché et qu’il voulait changer de religion. Aujourd’hui, il est catholique. Pour dire que ce chant a fait beaucoup de miracle, beaucoup de merveille dans ma vie. Donc ce tout premier album a fait connaitre Guy Roger.
En dehors de vos prestations dans les églises et les sollicitations de particuliers, vous êtes-vous déjà produit dans de grandes salles, comme le palais de la culture par exemple… si non pourquoi ?
Le tout premier chantre chrétien catholique ayant pris l’initiative d’organiser un concert au palais de la culture c’est Guy Roger et c’était en 2008 et la deuxième fois c’était en 2011 à la salle Anoumabo de 4000 places. Si Dieu me fait grâce pour mes 20 ans de carrière, je ferais encore cette salle.
Est-ce que l’environnement de la musique chrétienne en Côte d’Ivoire vous permet de vous exprimer convenablement ? est-il propice à une carrière enrichissante pour les chantres que vous êtes ?
Il faut dire que ce n’est pas du tout facile pour les chantres chrétiens en général mais particulièrement pour les chantres d’obédience catholique. Il faut avoir "la tête sur les épaules" pour pouvoir avancer dans cette carrière. Aujourd’hui je donne un conseil à mes frères et sœurs qui souhaitent faire carrière, à savoir qu’il ne suffit pas d’entrer en studio et puis faire un album. Il faut toujours porter cela en prière et confier à Dieu pour que le seigneur t’appelle à sa mission. Nos frères en Christ, n’aiment pas aider les chantres que nous sommes. On vit des difficultés sur la plateforme et c’est parce que Dieu nous aime que nous existions encore sinon il y a longtemps qu’on aurait laissé cette carrière. Mais l’amour de ce que nous faisons et l’appel à la mission, font que Dieu ne peut jamais t’abandonner.
Imagine on entre en studio pour sortir un album, on dépense des millions et pour la promotion certains de nos autorités religieuses ne nous facilitent pas la tâche sous prétexte que ce n’est pas dans l’église que nous devons venir nous enrichir. Alors si ceux qui de prime abord sont censés nous soutenir parce que travaillons également dans la vigne du Seigneur, où irons-nous pour œuvrer pour la gloire de Dieu.
Par ailleurs les chrétiens aiment bien que les chantres viennent vers eux, ils n’aiment pas se rendre dans les bacs pour acheter les CD. Je dirais que c’est difficile aujourd’hui pour un chantre catholique de dire qu’il vit uniquement que de ce qu’il fait. Mais moi je bénis Dieu parce qu’il ne m’est jamais laissé tomber.
A qui la faute ? Surtout que dans la conscience collective des mélomanes vous chantres préférez les Eglises aux salles de spectacle ?
Je ne blâme personnes. Mais je dis ouvrez nous les portes de la vigne, et que chacun à sa part de responsabilité dans cette affaire, nos autorités religieuses et nos frères fidèles chrétiens. Je vous explique le cas d’un évènement qui m’a beaucoup marqué. J’avais été contacté pour un concert à Daloa organisé d’ailleurs par une communauté religieuse. A cet évènement le seul chantre à être invité est Guy Roger au même titre qu’un autre artiste chanteur de musique urbaine, mais notre traitement a été totalement différent.
Les organisateurs ont trouvé que le cachet de 250 000 frs Cfa proposé par mon manager était élevé donc ils l’ont réduit à 150 000 frs et m’ont fait voyager en car d’Abidjan à Daloa.
Le jour de la cérémonie après ma prestation, l’artiste chanteur dont le cachet s’élevait à 700000 frs Cfa et qui d’ailleurs devrait assurer l’animation jusqu’à la fin, a seulement fait 3 chants et il est descendu de la scène. Qui allait combler ce vide ? c’est après coup ils m’ont approché tout confus pour me supplier de continuer à chanter. Malgré les réticences de mon manager, nous avons fini par les aider à combler le vide.
Voilà comment à la fin ils ont regretté de m’avoir traité ainsi. Ceci pour dire que nos frères en christ ont aussi leur part de responsabilité dans cette histoire. Si nous n’avons pas ″la tête sur les épaules″ on ne fera pas longue carrière.
Avez-vous des projets immédiats ?
Je suis en train de préparer un concert dinatoire pour mes 18 ans de carrière qui se tiendra peut-être dans le mois d’aout pour dire merci à Dieu mais le lieu et l’heure vous sera donné ultérieurement.
C’est moi qui vous remercie pour la confiance et le choix porté sur ma modeste personne. Que Dieu vous bénisse abondement.
interview réalisée par Jean Gui KOUAKO