INTERVIEW / GUY CHRIST ISRAËL : « J’ai été tenté ...»

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INTERVIEW / GUY CHRIST ISRAËL : « J’ai été tenté ...»

Le chantre Guy Christ Israël fait partie des grands noms de la musique chrétienne en Côte d’Ivoire et même au-delà. Depuis 2006 il se consacre à la louange. Dans cet entretien accordé à Showbizchretien.net, il lève un coin de voile sur sa vie de chantre qui n’est pas une nomination.

Comment êtes - vous venu à la musique chrétienne ?

  • En fait, je suis né dans l’Eglise et j’étais déjà jeune chrétien quand Jésus m’a tendu la main. J’appartenais à un Chœur appelé St Michel Archange si bien que quand j’ai été touché, je me suis mis dans le canevas. Ce n’est pas moi qui ai choisi, c’est plutôt Dieu qui m’a choisi pour cette œuvre. La suite viendra d’elle-même, la formation, etc.

L’un de vos leitmotivs, c’est gagner des adorateurs vrais à la cause de Dieu. Votre carrière débute pratiquement en 2006, avec du recul, pensez-vous avoir eu gain de cause à travers vos albums ? 

  • Bien sûr, au jour le jour, nous avons les témoignages. Et les retours sont positifs surtout ceux des musulmans qui me touchent beaucoup.

Je me souviens de ce juriste qui me rapportait qu’en écoutant mon album au volant de sa voiture avec son épouse, il s’est mis subitement à pleurer parce qu’il se sentait dans mes chansons. Il était un chrétien qui n’était pas véritablement engagé et ça fait plaisir d’apporter quelque chose à la vie des gens. Je pense humblement que si j’arrive à voyager, à faire des mois à l’extérieur, notamment au Burkina, au Sénégal, en France, en Belgique, c’est le signe que cette musique est entrain de traverser le monde et des personnes sont gagnées à Christ.

Vous êtes le Président de l’Union des Artistes Catholiques de Côte d’Ivoire, en quoi consiste exactement votre mission ?

  • Ah oui, c’est une lourde charge parce que vous savez que notre Eglise catholique est très ordonnée. Alors nous avons un mandat qui repose sur quatre (4) points. Le premier axe, c’est d’abord le salut de chaque chantre chrétien catholique, parce que le Père Louga (Ndlr : Secrétaire exécutif adjoint de la commission épiscopale pour L'Apostolat des laïcs), nous disait que toute association chrétienne doit œuvrer au salut de ses membres. Le deuxième axe est basé sur l’unité en notre sein parce que nous ne voulons pas être divisés. Le troisième axe porte sur la création des richesses à travers des concerts, des concepts pour avoir des ressources. Le quatrième axe qui pour nous est majeur est de nous faire connaitre et reconnaitre par notre entité première qui est l’Eglise catholique.

La vie du chantre est soumise à beaucoup de tentation du fait de la scène, vous est-il arrivé d’être confronté à des situations “ inconfortables “ ?

  • Ça, c’est le quotidien de tout le monde, et les chantres ne sont épargnés. Il y a des tentations que nous provoquons et il y en a qui viennent vers nous (rire). Il s’agit d’un tout à l’intérieur, l’homme se laisse aller et il y en a qu’on évite. Il m’est arrivé plusieurs fois d’en être victime mais heureusement que Dieu est là pour nous rappeler à l’ordre. La Bible dit que tous ont péché et sont privés de la Gloire de Dieu. C’est-à- dire que s’il y a péché, c’est parce qu’il y a séduction.

Il est courant de voir certains chantres vendre eux-mêmes leurs CD sans stickers et surtout à vil prix. Qu’en pensez-vous ?

  • Voyez-vous, le plus gros problème c’est la piraterie. Déjà faire un CD pour un album qui se respecte est couteux. Mon dernier opus par exemple m’est revenu à près de 5 millions. Après il faut faire les procédures au Burida (Ndlr : Bureau ivoirien des droits d’auteurs), faire les radios, payer les passages à la RTI (Ndlr :  Radio-Télévision Ivoirienne) pour annoncer le nouvel album… et retrouver l’album au coin de la rue (il soupire). La lutte contre la piraterie est impossible si la volonté des dirigeants n’est pas manifestée. Je sais qu’au niveau du Burida, des mesures ont été prises mais elles sont en attente de signature telle que la copie-conforme qui serait la bienvenue dans cette lutte contre la piraterie car la brigade anti-piraterie ne compte pas assez de personnes pour couvrir tout le territoire. Moi, je suis rentré dans des villes comme Bouaké, Daloa où j’ai vu mes CD en vente sous mes yeux. Nous sommes impuissants, c’est désolant.  Aujourd’hui les artistes sont en pleine réflexion pour faire face à ce fléau.

Mais dites-nous, la voix des chantres est-elle suffisamment prise en compte au niveau du Burida ?

  • Oh, je bénis le nom du Seigneur parce que nous avons deux chantres dans le conseil administratif, Koné Fontaly et Timothée Alao qui nous aident à porter les réalités. Mais le souci est qu’au niveau de l’Eglise, on ne peut pas demander des droits du fait de l’exonération dont elle bénéficie. Du coup, une manifestation dans l’Eglise n’autorise pas le Burida à y prendre des droits. A ce niveau, quelque chose est en train d’être fait et ça arrangera le chantre. Pour l’instant, c’est dans l’informel. C’est-à-dire qu’un jeune se lève, organise un concert avec l’accord du Curé. Bon ! vous voyez un peu, c’est compliqué. Mais avec l’Union des Artistes Catholiques, nous pensons à une stratégie qui permettra de passer de 1000 Frs à 2000 Frs au niveau des tickets pour les concerts. Cela aiderait aussi bien les chantres que la paroisse qui organise.

A propos, vous avez fait récemment une sortie sur les réseaux sociaux invitant ceux qui sollicitent les chantres à les rémunérer décemment. Ce qui a été diversement interprété. D’aucuns pensent que si vous chanter pour Dieu, c’est à Dieu de vous payer. Qu’en dites-vous ?

  • Je demanderai simplement à ces personnes si elles ont déjà vu Dieu tendre l’argent à quelqu’un. La Bible dit que l’ouvrier mérite son salaire. Mais c’est celui qui invite l’ouvrier qui paie son salaire. Il y a des gens qui ne connaissent pas la Parole de Dieu. Dans la Bible, un salaire était donné aux Lévites qui chantaient, de sorte qu’ils se prenaient en charge. On ne peut pas attendre des bienfaiteurs pour vivre, il faut que les gens arrêtent de raisonner ainsi. Parce que nous avons droit à une rémunération comme tous les artistes. Aujourd’hui même, un artiste et un chantre sur une même scène n’ont pas un cachet identique. Là où un chanteur chrétien fait 25 mn pour 100.000 Frs CFA par exemple, un artiste en deux tours de chant est payé à 500.000 Frs CFA.  Ce qui fait du bien à l’âme n’est pas bien traité. C’est une réalité.

Guy-Christ Israël est très présent sur les réseaux sociaux. Quel bénéfice en tirez-vous ?

  • Cela me procure beaucoup de bénéfices.  Parce que ce n’est pas une mauvaise chose en soi, lorsqu’on on sait ce qu’on vient faire sur les réseaux sociaux. Nous voulions toucher le maximum de personnes et nous en sommes satisfaits avec les témoignages que nous recueillons. Ne dit-on pas que Dieu siège au chœur de la louange ? Aujourd’hui, ma côte de popularité a augmenté avec des sollicitations pour Londres et les USA, ce qui n’était pas auparavant. Je me rappelle que lors de mon concert en 2018, toute ma communication a été faite essentiellement sur ma page Facebook. Et le palais de la culture était bondé. Avec les réseaux sociaux, l’information va très vite. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi.

Beaucoup de chanteurs aspirent à devenir chantres de l’Eternel. La dernière en date, c’est Claire Bailly, l’ex première dame du Coupé décalé. Quel regard portez-vous sur cette forme de conversion ?

  • Déjà, la conversion est une très bonne chose. La Bible dit que mon peuple périt faute de connaissance. Moi je souhaite donc qu’elle se forme. Nous qui avons un peu plus d’expérience dans le milieu, savons les hauts et les bas. Etre chantre n’est pas une nomination comme on fait pour les directeurs, les ministres. Le chantre se voit dans le comportement. C’est n’est pas celui qui dit « je suis chantre ». On devient chantre au fil des années et ce sont les gens qui désignent tel ou tel comme chantre. C’est un mérite. Je vous fais une anecdote, quand je suis chez les catholiques, c’est Guy-Christ Israël ou même l’artiste Guy-Christ Israël. Quand je suis chez mes frères évangéliques, on dit c’est le chantre Guy-Christ Israël. Je ne dénigre personne mais je pense que la dénomination de chantre doit venir d’une entité spirituelle. Selon moi, cette désignation doit venir de Dieu. Figurez-vous que les Lévites étaient choisis, consacrés voilà pourquoi Dieu mettait les chantres devant. Cela montre l’importance que nous représentons. Que Claire Bailly se soit convertie et qu’elle chante maintenant les louanges de Dieu, cela fait plaisir.

Alors, quelle est la différence entre un chantre et un artiste chrétien ?

  • Vous voyez, les chantres sont des Lévites, des personnes mises à part.

 Pour choisir David, Dieu ne l’a pas fait au hasard. Il savait que David dirigeait des bêtes. S’il pouvait gérer des moutons, alors Dieu estimait qu’il était digne de confiance. David avait donc reçu sa formation.
Pour ce qui est des artistes, nous avons tous des talents. L’artiste vit de son art mais le chantre lui attire la présence du Très-Haut. Alors que le prophète devait prêcher, la Bible dit que quand le chantre a joué de son instrument, la présence de Dieu est descendue. Voilà pourquoi la messe commence et se termine par des louanges.

Où se situe donc la limite entre la vie artistique et la vie spirituelle ?

  • D’abord, un saint a dit que le but de la vie spirituelle, c’est l’acquisition du Saint Esprit. L’artiste ne connait pas le Saint Esprit. Il ne s’oblige pas à prier or le chantre est en communion permanente avec Dieu. Claire   Bailly ne fait plus ce qu’elle faisait avant parce que la vie de chantre a des normes. Il faut prier, jeuner, il faut te consacrer, tout donner à Dieu. Moi ma vie de tous les jours, c’est ma maison. Après mes directs de 8h15 (Ndlr : sur Facebook), je médite parce que j’ai décidé de vivre ce que je prétends être. L’artiste fait ce qu’il veut, il va où il veut. Il y a un fossé entre la vie artistique et la vie spirituelle. Voilà pourquoi le chantre ne doit pas vivre comme un artiste mais un artiste peut vivre comme un chantre.

Interview réalisée par Inno Beugré et jean Guillaume Kouakou

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